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Toutes les
élections présidentielles ne se ressemblent pas. Le pouvoir réel du président,
la manière dont il est élu et le rôle du parlement varient au point que le
même mot recouvre des réalités très différentes.
Dans un régime présidentiel, le président est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement, élu séparément du parlement, et il ne peut pas être renversé par lui — ni le dissoudre. Les États-Unis en sont l'exemple type, avec un équilibre reposant sur la séparation stricte des pouvoirs.
Dans un régime parlementaire, l'exécutif procède du parlement et lui est responsable. Le président, quand il existe, y exerce souvent une fonction essentiellement symbolique, et il est fréquemment élu par le parlement lui-même : c'est le cas en Allemagne, en Italie ou en Grèce.
Entre les deux, le régime semi-présidentiel combine un président élu au suffrage universel doté de pouvoirs propres et un gouvernement responsable devant le parlement. La France en est le modèle le plus étudié, avec la possibilité de cohabitation entre un président et une majorité opposée.
Le scrutin majoritaire à deux tours, employé en France, garantit qu'un président soit élu par plus de la moitié des suffrages exprimés au second tour, au prix d'un choix restreint à deux candidats. Le scrutin à un tour, employé notamment au Mexique, permet une élection à la majorité relative, parfois avec moins de quarante pour cent des voix.
D'autres systèmes existent : le vote préférentiel, où l'électeur classe les candidats et où les voix se reportent automatiquement, employé en Irlande pour la présidence ; ou des seuils particuliers, comme en Argentine, où une avance suffisante dispense d'un second tour.
Le collège électoral américain constitue un cas à part : les électeurs désignent, État par État, des grands électeurs qui élisent ensuite le président. Ce mécanisme peut conduire à l'élection d'un candidat n'ayant pas obtenu le plus grand nombre de voix au niveau national, ce qui s'est produit à plusieurs reprises.
Les organisations internationales qui observent les scrutins retiennent un faisceau de critères : le suffrage doit être universel, égal, libre et secret ; les candidats doivent pouvoir se présenter et faire campagne ; les médias doivent être accessibles à tous ; l'administration électorale doit être indépendante ; le décompte doit être vérifiable ; et des recours doivent exister devant une juridiction impartiale.
L'existence d'un scrutin ne suffit donc pas à qualifier une élection de démocratique. C'est la raison pour laquelle les missions d'observation s'intéressent autant à la période précédant le vote qu'au jour du vote lui-même.
Trois questions traversent aujourd'hui la plupart des démocraties. La participation, en recul dans de nombreux pays, et très inégale selon l'âge et le niveau de diplôme. Le financement des campagnes, avec des cadres nationaux très différents — plafonnement strict en France, dépenses considérables aux États-Unis. Et l'information : circulation de contenus faux, publicité politique ciblée, ingérences étrangères, qui ont conduit plusieurs pays à légiférer sur la transparence des publicités politiques en ligne.
La durée des mandats et la possibilité de les renouveler varient considérablement : quatre ans renouvelables une fois aux États-Unis, cinq ans renouvelables une fois consécutivement en France, six ans non renouvelables au Mexique. La limitation du nombre de mandats est l'un des marqueurs les plus observés : sa suppression, dans plusieurs pays, a régulièrement précédé un affaiblissement des contre-pouvoirs.

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